Dimanche 2 novembre 2008

Présentation : Le Nouvel Angyo Onshi est un shonen né de la collaboration entre deux auteurs coréens : Youn In Wan au scénario et Yang Kyung-Il au dessin. La parution débute en 2001 au Japon dans le Sunday GX de la Shodensha.
 


Résumé :
Suite à la mort de l'empereur, le royaume de Jushin se retrouve plongé dans le chaos. Le peuple est alors asservi par des bandes de pillards et des seigneurs cruels. Un ancien Angyo Onshi, ces émissaires secrets qui parcouraient le royaume incognito, continue néanmoins à exercer sa fonction et châtie les malfaisants qui croisent son chemin. Son nom : Mun-Su. Il est accompagné d'un garde du corps un peu spécial, la sublime Chun-Hyang. Cherchant avec malice à tourner les situations à son avantage, Mun-Su n'hésite pas à utiliser, dès qu'il en aura l'occasion, la puissance de ses armes à feu et à invoquer, grâce à son médaillon surnaturel, le mahai, une armée d’anciens combattants du Jushin courageusement morts au combat et toujours disposés à reprendre du service.


Avis : La concurrence est rude parmi les shonens mangas, chacun s’évertuant à trouver les bonnes recettes susceptibles de toujours élargir davantage son lectorat. Et pourtant, au sein de ce genre si codifié, et souvent stéréotypé, on trouve parfois de véritable perles rares qui privilégient la qualité au détriment de la rentabilité. Shin Angyo Onshi en fait partie.

Proposant une aventure épique en compagnie de personnages charismatiques, ce manga n’a pas peur de choquer son lecteur par des parti-pris esthétiques audacieux, la mort ou la déchéance de personnages attachants et un final peu satisfaisant pour les amateurs de « Happy End ». Les auteurs, deux coréens, mènent leur œuvre comme ils le veulent sans se soucier du trop souvent fatal « plaira, plaira pas ? ». On sent qu’ils se sont fait plaisir sur ce titre puisque nous avons des rebondissements à foison, un héros mâture et tourmenté, des batailles titanesques, des scènes tragiques, des trahisons, des complots et faire mourir des personnages essentiels ne leur fait pas peur. Bref, ils ont mené leur titre comme ils le désiraient et avec beaucoup de maîtrise. En effet, la narration est claire et le scénario est cohérent. Celui-ci nous propose d’être les témoins d’une grande fresque épique dans la Corée médiévale où malheureusement les vêtements de certains personnages sont anachroniques mais là encore, visiblement, ça plaisait bien aux auteurs que leurs persos soient si « fashion ». Néanmoins le dessin d’une rare beauté fait vite oublier ce détail quelque peu facheux et l’on est rapidement happé par les aventures de Mun-Su & co, d’autant que le découpage, très dynamique, est impeccable. On regrettera juste un final trop grandiloquent. Les auteurs ont voulu voir sans doute trop grand et se sont un peu perdus, pour une fois, dans la caricature mais on leur pardonne aisément au vu de la qualité des tomes précédents.

 

Bref, Shin Angyo Onshi est un shonen intelligent et original, ce qui est assez rare pour être souligné. Un titre donc de qualité à découvrir d’urgence. Il aura aussi la qualité de clouer le bec à tous les abrutis qui pensent encore qu’il faut être japonais pour faire du manga de qualité ;)


 

Par Moonworld - Publié dans : Mangas
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Dimanche 2 novembre 2008


Présentation : Honey & Clover est une série de 24 épisodes diffusée au Japon en 2005. Suivront 2 OAV puis une seconde série de 12 épisodes en 2006. Il s'agit d'une adaptation du manga éponyme de Chika Umino.









Résumé : Cela fait maintenant deux ans que le jeune Takemoto Yuuta a débarqué à Tokyo pour suivre des cours dans une école d'art. Il vit dans une résidence étudiante de fortune où l'entraide entre étudiants est vitale tant la vie est chère à Tokyo. C'est un grand soir pour lui et ses amis de la résidence. L'un des plus vieux élèves, Morita Shinobu, est de retour suite à un de ses nombreux périples. Il a ramené presque 10 kilos de croquettes à la condition que Takemoto le réveille afin qu'il puisse arriver à temps à l'université et ainsi valider son année.









Avis :
Adaptée d’un manga à succés critique et public, Honey & Clover est une chronique douce-amère de la vie étudiante à mille lieux des clichés fantaisistes véhiculés par les teen-movies américains. Ici, les galères quotidiennes sont dépeintes de façon réalistes et les sentiments exprimés avec justesse. Le groupe d’étudiants que nous suivons est hétéroclite et chacun trouve rapidement son personnage favori tant ils sont tous leur propre caractère et du charisme. L’humour est très présent mais aussi les drames personnels, les situations de doute, de désespoir mais également d’espoir. Chaque événement sent le vécu tant on se retrouve facilement dans tel ou tel protagoniste, dans ce qu’il vit. On rit avec les personnages, on pleure avec eux et on les soutient tout au long de ces 38 épisodes tant l’ensemble sonne juste et parvient à toucher le spectateur profondément. La réalisation est d’excellente facture et réserve des moments de poésie pure d’une incroyable beauté. Le chara-design très expressif surprend au premier abord mais séduit rapidement par son originalité, sa légèreté et sa douceur. La bande-son est de haut niveau puisqu’on retrouve des grands noms de la scène pop japonaise comme Yuki, Spitz ou Suneohair qui signent les génériques et les nombreuses insert songs qui aident à définitivement graver certaines scènes dans les mémoires.
Bref, Honey & Clover est un vrai petit bijou que l’on suit avec bonheur et non sans une certaine nostalgie de ses années facs. Il prouve également aux plus sceptiques qu’un anime tranche de vie n’est pas nécessairement chiant.
Pour le plaisir des yeux, voici le très inventif et même génial premier opening sur une chanson de Yuki.

Par Moonworld - Publié dans : Animes
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Dimanche 2 novembre 2008

Présentation : Elfen Lied est une série constituée de 13 épisodes datant de 2004 adaptée d'un manga éponyme de Lynn Okamoto sorti chez Young Jump en 2002.








Résumé :
Lucy, une jeune fille détenant des pouvoirs de télékinésie, s'échappe de son centre de détention et sème le chaos et la destruction sur son chemin. Sa cavale va pourtant s'arrêter lorsqu'elle reçoit une balle anti-char dans son casque de protection. Non loin de là, Kohta et Yuka, deux cousins ne s'étant pas revus depuis longtemps, se retrouvent. Afin de se remémorer de vieux souvenirs, ils vont faire un tour à la plage qu'ils ont connue étant jeunes. Ils vont pourtant faire une drôle de découverte en la présence d'une jeune fille totalement nue et ne sachant dire que Nyu. Leur curiosité sera d'autant plus attisée par la présence d'oreilles synthétiques se trouvant sur la tête de la jeune femme...










Avis :
Réduit souvent à un mélange de violence exacerbée et d’ecchi par des critiques amateurs incapables, Elfen Lied est une série bien plus profonde que ne le laisse supposer les deux premiers épisodes. Après, c’est sûr qu’il faut un minimum regarder cet anime pour prétendre pouvoir en faire la critique…
Elfen Lied propose donc une véritable exploration des sentiments et réactions humaines face à la différence de l’autre. Le thème de la schizophrénie ainsi que les souffrances que cela entraîne y est également très présent. La réalisation est de bonne facture, soutenue par un chara-design plaisant sans être exceptionnel. En revanche, la bande-son est de grande qualité et instaure très bien une ambiance lourde, sombre et souvent desesperée qui sied parfaitement au titre. Car Elfen Lied est l’histoire d’êtres conçus pour être des armes qui aspirent à la liberté et vont s’enfuir du centre où ils sont détenus pour découvrir le monde extérieur et toute la cruauté dont il peut faire preuve. Cet anime montre sans fard ni fausse pudeur à quel point l’être humain a bien du mal à accepter la différence d’autrui. Sadisme, violence gratuite, cruauté, indifférence, perversion, rejet, rien n’est épargné au spectateur qui sonde les tréfonds les plus noirs de l’âme humaine. Néanmoins, Elfen Lied n’est pas qu’un anime noir, il propose aussi des moments d’une beauté étonnamment étincelante à travers son héros, Kohta, qui est une vraie figure salvatrice pour les héroïnes tourmentées de cette série. Certaines scènes sont véritablement belles et poignantes et contrastent avec celles de violence crues et souvent révoltantes, mais néanmoins nécessaires, qui parsèment cette série. Les personnages sont charismatiques et attachants car absolument pas manichéens et l’on suit avec plaisir et émotion leur quête de liberté et d’amour.
Bref, un anime définitivement beau et touchant qu’il faut voir tant il propose une expérience profonde et inédite. A réserver néanmoins à un public averti.
Et en cadeau, le magnifique Opening « Lilium » qui propose un montage habile et pertinent de Lucy, l’héroïne, dans les plus grandes peintures du célèbre peintre Klimt.

Par Moonworld - Publié dans : Animes
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Jeudi 9 octobre 2008

Présentation : Basara est un manga en 27 tomes de Yumi Tamura paru entre 1990 et 1998 aux éditions Shogakukan. Auréolé d’un immense succés critique et public, il est édité en France en 2001 aux éditions Kana.

Résumé : Dans un Japon néo-féodal situé dans un futur très lointain (24e siècle), la civilisation a disparu, victime de guerres incessantes… Les hommes sont retournés à une société primitive, agraire. Le pouvoir est aux mains de quatre rois, sous la coupe suprême de leur père, l’Empereur. Chacun a tout pouvoir sur son territoire et son armée.
À la naissance de son plus jeune fils, Shuri, le Roi Rouge, une prophétie annonce qu’il sera "celui par qui le malheur arrivera". Éloigné immédiatement de la cour, Shuri reçoit le domaine le plus pauvre…
Quelques années plus tard, naissent dans un village perdu dans les montagnes des jumeaux: un garçon, Tatara et une fille, Sarasa. Selon la légende, Tatara est investi d’une mission importante: libérer son peuple de la tyrannie du Roi Rouge. Hélas, le jeune homme est lâchement assassiné par les hommes du souverain. Sarasa choisit alors d’endosser l’identité de son défunt frère et de suivre le destin de Tatara…


Avis : Attention immense chef-d’œuvre ! rares sont les mangas de cette trempe ! On définit souvent Basara par un seul mot : épique. En effet, Basara pourrait aisément en être le synonyme. Yumi Tamura nous convie à une épopée grandiose et nous livre un manga fleuve d’une force et d’une pertinence ahurissante. Tout au long de ces 27 tomes, nous assistons véritablement à la construction d’un pays, d’un point de vue politique, économique, sociologique et même anthropologique ! Au travers de la cruelle destinée que s’est arrogée Sarasa, nous suivons une myriade de personnages forts qui ont tous leur caractère, leur passé, leurs motivations, leurs aspirations et qui jouent tous un rôle dans l’histoire. Tamura réussit le tour de force de rendre tous ses personnages charismatiques et surtout intéressants. Loin des poncifs du shoujo, Basara propose en vrac complots politiques, batailles titanesques mais aussi amours impossibles et une héroïne forte, responsable et qui prend son destin en main. L’intérêt est soutenu tout au long de ces 27 tomes grâce à un scénario en béton armé, des rebondissements toujours crédibles et pertinents, et un dépaysement sans cesse renouvelé grâce aux voyages de Tatara à travers un Japon où chaque région a son propre paysage, ses propres us et coutumes. Aucun temps mort, Tamura maîtrise son sujet de A à Z tant rien n’est laissé au hasard. On reste admiratif devant tant de maîtrise. Certains reprochent néanmoins à cette œuvre son graphisme particulier et certaines planches jugées illisibles. Personnellement, je n’ai jamais eu de mal à décrypter l’action de Basara. En revanche, je conçois que le dessin puisse rebuter certains mais ce coup de crayon a une vraie identité. On est une fois de plus loin des designs shoujos types que l’on a tendance à voir un peu partout. Personnellement, j’ai toujours adhéré au style graphique de Tamura qui retranscrit bien les émotions de ses personnages.

 

Bref, j’arrêterai les superlatifs puisque vous avez compris que je conseille grandement la lecture de cette œuvre. Il est dommage qu’un manga aussi marquant soit quasi-inconnu en France, la faute aux affreuses couvertures signées Kana et qui ne donnent vraiment pas envie de le feuilleter. Il ne faut pas juger sur les apparences et il est parfois si bon de se laisser tenter…



Par Moonworld - Publié dans : Mangas
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Jeudi 9 octobre 2008

Présentation : Très cher frère ou Oniisama e dans sa VO est une série en 39 épisodes tirée du manga en trois volumes de Ryoko Ikeda paru en 1974. Réalisée en 1991 par le talentueux duo Dezaki/Sugino, elle fit son apparition à la TV française au sein du Club Dorothée en 1993. Sa diffusion fut néanmoins interrompue au bout de 7 épisodes car ce programme fut jugé inadapté pour les jeunes téléspectateurs.










Résumé : Nanako fait sa rentrée dans le très prisé établissement privé pour jeunes filles Seiran en compagnie de sa meilleure amie Tomoko. Contre toute attente, elle est choisie pour faire partie du cercle de la Rose, club très select composé des élèves les plus belles, intelligentes et riches de l’école. Cette nomination incongrue ne tarde pas à susciter la jalousie chez beaucoup d’élèves. Les premières heures de Nanako à l’école Seiran s’annoncent bien difficiles mais c’est sans compter le soutien de son cher frère avec qui elle correspond assidûment.










Avis :
Il est des animes qui marquent par leur maîtrise et Très cher Frère en fait incontestablement parti. 12 ans après avoir adapté avec brio Versailles no Bara, un autre manga de Ryoko Ikeda, le duo Dezaki/Sugino s’attaque cette fois-ci à Oniisama e. Pari d’autant plus difficile que les thèmes audacieux développés dans le manga en font un shoujo tout à fait atypique. En effet, l’homosexualité, le suicide, la domination psychologique, l’abandon familial ou encore la maladie sont les thèmes privilégiés de cette œuvre sombre et mature. Néanmoins il est bon de ne pas sous-estimer ces deux maîtres qui nous livrent une fois de plus un anime magnifique et d’une rare justesse. En effet, ces thèmes difficiles sont abordés avec beaucoup de pudeur et de réalisme. Les sentiments des personnages sont dépeints de façon crédibles et on s’attache rapidement à eux car ils sont tous très différents et possèdent tous un fort charisme et même une véritable aura pour certains. Les rebondissements sont nombreux si bien qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde mais fort heureusement le tout reste parfaitement crédible. On vient donc facilement au bout de ces 39 épisodes mais l’on reste déçu de devoir déjà quitter des protagonistes aussi forts et attachants.

La réalisation est loin d’être en reste puisque l’on a une fois de plus droit aux magnifiques crayonnés, marque de fabrique du duo, qui ponctuent chaque scène clé. Le chara-design est fin, précis et très beau même si personnellement je le trouve inférieur à celui de Versailles no Bara. La musique, très belle, soutient judicieusement chaque plan et renforce bien la tension dramatique quand il le faut.

Bref, Très cher Frère est un véritable chef-d’œuvre à n’en point douter. Il rejoint sans nul doute le panthéon des meilleurs shoujos et également celui des plus grands animes.


Par Moonworld - Publié dans : Animes
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