Présentation : Le Nouvel Angyo Onshi
est un shonen né de la collaboration entre deux auteurs coréens : Youn In Wan au scénario et Yang Kyung-Il au dessin. La parution débute en 2001 au Japon dans le Sunday GX de la
Shodensha.
Résumé : Suite à la mort de l'empereur, le royaume de Jushin se retrouve plongé dans le chaos. Le peuple est alors asservi par des bandes de pillards et des seigneurs cruels. Un
ancien Angyo Onshi, ces émissaires secrets qui parcouraient le royaume incognito, continue néanmoins à exercer sa fonction et châtie les malfaisants qui croisent son chemin. Son nom : Mun-Su. Il
est accompagné d'un garde du corps un peu spécial, la sublime Chun-Hyang. Cherchant avec malice à tourner les situations à son avantage, Mun-Su n'hésite pas à utiliser, dès qu'il en aura
l'occasion, la puissance de ses armes à feu et à invoquer, grâce à son médaillon surnaturel, le mahai, une armée d’anciens combattants du Jushin courageusement morts au combat et toujours
disposés à reprendre du service.
Avis : La concurrence est rude parmi les shonens mangas, chacun s’évertuant à trouver les bonnes recettes susceptibles de toujours élargir davantage son lectorat. Et pourtant, au sein de ce genre si codifié, et souvent stéréotypé, on trouve parfois de véritable perles rares qui privilégient la qualité au détriment de la rentabilité. Shin Angyo Onshi en fait partie.
Proposant une aventure épique en compagnie de personnages charismatiques, ce manga n’a pas peur de choquer son lecteur par des parti-pris esthétiques audacieux, la mort ou la déchéance de personnages attachants et un final peu satisfaisant pour les amateurs de « Happy End ». Les auteurs, deux coréens, mènent leur œuvre comme ils le veulent sans se soucier du trop souvent fatal « plaira, plaira pas ? ». On sent qu’ils se sont fait plaisir sur ce titre puisque nous avons des rebondissements à foison, un héros mâture et tourmenté, des batailles titanesques, des scènes tragiques, des trahisons, des complots et faire mourir des personnages essentiels ne leur fait pas peur. Bref, ils ont mené leur titre comme ils le désiraient et avec beaucoup de maîtrise. En effet, la narration est claire et le scénario est cohérent. Celui-ci nous propose d’être les témoins d’une grande fresque épique dans la Corée médiévale où malheureusement les vêtements de certains personnages sont anachroniques mais là encore, visiblement, ça plaisait bien aux auteurs que leurs persos soient si « fashion ». Néanmoins le dessin d’une rare beauté fait vite oublier ce détail quelque peu facheux et l’on est rapidement happé par les aventures de Mun-Su & co, d’autant que le découpage, très dynamique, est impeccable. On regrettera juste un final trop grandiloquent. Les auteurs ont voulu voir sans doute trop grand et se sont un peu perdus, pour une fois, dans la caricature mais on leur pardonne aisément au vu de la qualité des tomes précédents.
Bref, Shin Angyo Onshi est un shonen intelligent et original, ce qui est assez rare pour être souligné. Un titre donc de qualité à
découvrir d’urgence. Il aura aussi la qualité de clouer le bec à tous les abrutis qui pensent encore qu’il faut être japonais pour faire du manga de qualité ;)
